Le 4 février 2026, Jonathan Oldman, PDG de l'ISSofBC, a témoigné devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration (CIMM). Vous pouvez visionner l'intégralité de l'audience ici ou lire l'article ci-dessous basé sur ses remarques :
L'avenir du système d'immigration canadien est à la croisée des chemins. Jonathan Oldman a récemment déclaré lors d'une audience du CIMM que les Canadiens continuent d'accorder de l'importance à l'immigration, mais que trop nombreux sont ceux qui s'interrogent sur l'orientation et les résultats du système.
Depuis un demi-siècle, ISSofBC aide les nouveaux arrivants à trouver du travail, à créer des communautés et à acquérir des compétences linguistiques. Mais aujourd'hui, l'opinion publique a changé.
« Le discours public est passé d'un débat sain... à un débat de plus en plus clivant. »
-Jonathan Oldman, audience du comité CIMM, février 2026
Dans son allocution devant le CIMM, Jonathan a tiré la sonnette d'alarme au sujet de la rhétorique anti-immigrants importée de l'étranger, qui sape les valeurs canadiennes et sème le doute quant au rôle des nouveaux arrivants dans la société.
Si les données relatives à l'opinion publique montrent une baisse de confiance dans les capacités économiques et sociales, elles révèlent également une tendance importante : les personnes qui connaissent mieux les faits relatifs à l'immigration sontmoinspréoccupées. Cela suggère que de nombreux Canadiens sont ouverts à l'immigration, mais qu'on ne leur présente pas d'arguments convaincants sur ses avantages.
Cette conclusion est corroborée pardes recherches récentesindiquant qu'environ la moitié des Canadiens reconnaissent que l'immigration est essentielle pour remédier à la pénurie de main-d'œuvre et soutenir la croissance économique, même si les préoccupations liées au logement, aux soins de santé et aux services publics persistent.
Pourquoi la vision est importante
L'ISSofBC et près de 200 autres entreprises, organisations à but non lucratif et associations communautaires ont publié conjointement une déclaration l'année dernière affirmant que ce qui manque, ce n'est pas la bonne volonté, mais une vision cohérente et positive de l'avenir de l'immigration au Canada, fondée sur des faits et non sur la peur.
Le cadre «Le Canada auquel nous croyons» repose sur cinq principes :
- Des programmes d'immigration plus clairs et plus rationalisés qui stimulent la croissance économique. Aujourd'hui, notre système reste confus et trop fragmenté. Parallèlement, ici en Colombie-Britannique, par exemple, où l'immigration et la croissance démographique sont plus lentes, la demande de main-d'œuvre devrait dépasser l'offre de près de 170 000 personnes au cours de la prochaine décennie.
- Une coordination pangouvernementale pour aligner l'immigration sur les tendances démographiques et la demande de main-d'œuvre, et pour garantir les investissements communautaires nécessaires. Aujourd'hui, nous continuons à traiter ces questions comme des sujets distincts, alors qu'elles sont étroitement liées.
- Rejet des discours anti-immigration qui divisent et sont contraires aux faits.Au Canada, nous parlons peut-être plusieurs langues et venons de nombreux endroits différents, mais malgré nos différences, nous veillons les uns sur les autres.
- Renouveler notre engagement envers des programmes humanitaires solides qui continuent de transformer des vies et de maintenir notre réputation internationale.Aujourd'hui, trop de Canadiens ne comprennent pas bien comment fonctionnent les différents flux de réfugiés, comment nous atteignons nos objectifs et remplissons nos obligations, et comment le soutien aux réfugiés rassemble les communautés.
- Des mesures transparentes du succès qui établissent clairement les répercussions économiques, sociales et mondiales, et dont les résultats sont communiqués aux Canadiens. Le succèsdéfini principalement en termes de nombre total d'arrivées et de taux démographiques n'est plus suffisant.
Ce que révèlent les preuves
Une analyse duConseil canadien des affairesmontre que la forte demande des employeurs rend l'immigration essentielle pour les secteurs qui peinent à attirer des travailleurs qualifiés, 80 % des entreprises déclarant avoir des difficultés à trouver des talents.
Parallèlement, unnouveau sondage d'opinion nationala révélé que l'immigration n'est plus la principale préoccupation des Canadiens, comparativement à des questions telles que l'économie en général, les soins de santé et les relations internationales, ce qui suggère une occasion de reformuler le discours et de mettre en évidence la manière dont l'immigration répond aux principales préoccupations des Canadiens.
Une histoire personnelle d'importance nationale
Au cours de son témoignage, Jonathan a mis en avant l'histoire d'Ebrahim, un jeune réfugié yéménite qui est arrivé avec peu de moyens, mais un grand potentiel : développeur de logiciels, entrepreneur en herbe et bénévole engagé. Les mots d'Ebrahim,« Je croyais que le Canada pouvait être un endroit où je pourrais reconstruire ma vie »,résument bien la promesse qui est au cœur de la politique d'immigration du Canada.
Si le Canada adopte une vision renouvelée, fondée sur des données probantes, qui reconnaît les défis tout en affirmant les possibilités, il pourra à la fois rétablir la confiance du public et faire en sorte que l'immigration continue d'être une source de prospérité, de diversité et de force.
Le Canada doit à ses nouveaux arrivants — et à lui-même — une vision positive de l'avenir. Le moment est venu de prendre un nouveau départ.


